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Entrevue avec William Prince

10.02.18

 

Vous souvenez-vous de cette époque où vous rêviez de devenir un musicien de carrière? Quelle était alors votre perception de l’industrie, et comment cette perception a-t-elle changé? Auriez-vous souhaité que quelque chose soit différent?

Je croyais que vous deviez être un acteur important de l’industrie pour réussir à en vivre. J’ai rencontré tellement d’artistes et de musiciens qui n’entrent pas dans cette catégorie et qui ont fait leur propre chemin. Je les admire énormément. Cela m’a donné le courage de trouver ma propre voie. J’ai foi dans les gens ordinaires qui aiment acheter de la musique et suivre des artistes. Ce sont ces gens qui vous donnent la possibilité de faire une carrière, alors que l’industrie vous aide à les rejoindre. J’ai parfois l’impression de me tenir à l’entrée d’une boîte de nuit où il y a une grande fête qui représente l’industrie de la musique. Je suis à cet endroit parce qu’il y a des gens qui travaillent fort à mes côtés. J’ai confiance en eux et, jusqu’à présent, j’ai eu des expériences fantastiques à les côtoyer. Les amateurs de musique folk sont toujours de bonnes personnes.

Pourquoi est-il important pour les créateurs de musique d’être rémunérés équitablement pour leur travail, et comment évaluer la valeur de ce que vous faites?

Plusieurs facteurs contribuent à la création de la musique. Cela prend réellement tout votre temps si vous voulez être excellent. Lorsque vous vous faites construire une maison, vous ne payez pas uniquement pour les matériaux. Vous payez tous ces gens qui ont choisi ce métier lorsqu’ils étaient enfants et qui ont décidé un jour de construire votre maison pour en vivre. Vous payez pour des heures de formation et de sacrifice. Je ne peux pas installer un plancher ou poser un comptoir, comme d’autres ne peuvent pas rester dans une pièce deux heures à jouer une chanson. Cela prend beaucoup d’efforts pour terminer une chanson. Beaucoup de pratique, de vie, de doute et d’acceptation. Vous payez pour cette sensation que vous offre un grand interprète ou un groupe d’interprètes dans votre vie. Vous payez pour toute la maison, sinon elle ne sera pas construite.

 

Comment des organisations comme Ré:Sonne peuvent aider les créateurs de musique? Est-ce que l’on pourrait faire quelque chose d’autre?

C’est réconfortant de savoir que vous percevez des droits en notre nom. Je ne réalisais pas que ma musique dans un bar ou un bistrot pouvait recevoir une indemnisation. C’est vraiment chouette et je l’apprécie vraiment. Je n’ai pas à me plaindre à ce niveau.

En plus de percevoir des droits au Canada, Ré:Sonne a établi des partenariats internationaux pour s’assurer que les créateurs canadiens soient indemnisés lorsque leur musique est jouée partout dans le monde. Pourquoi croyez-vous que cela est important?

Parce que le monde est vaste et que j’arrive à peine à mettre de l’ordre dans mes courriels. Lorsque votre musique se retrouve dans des endroits où vous n’avez pas encore été, c’est une marque de reconnaissance. Elle n’est pas là par accident. Il y a toujours un coût associé à ce parcours. Recevoir des paiements vous permet de créer encore davantage. C’est important pour la vie artistique.

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